

Les plantes carnivores
Une plante mangeuse d hommes ?!Non ! nous n’irons pas jusque là et nous ferons tomber « la mythologie des plantes mangeuses d’hommes ». Nous parlerons et les qualifierons plutôt de « croqueuses… d’insectes ».
Oui, ces plantes originaires en principal d’Amérique du nord et des zones tropicales sont plus précisément « insectivores » (bien que pouvant très occasionnellement se mettre à table avec au menu mini oiseau, grenouille, mollusques, crustacées et autres araignées…
Mais vous n’aurez pas besoin de faire le tour du globe pour découvrir les 600 espèces allant de l’aquatique à l’épiphyte en passant par les terrestres bien sûr !
Au hasard d’une promenade dans notre belle région, attardez-vous en montagne au bord d’un ruisseau et baissez-vous…
ATTENTION !!! La « carnivosité végétale » est bien là aussi avec les grassettes de nos montagnes françaises !…
« miraculum naturae » ? avait simplement dit Monsieur Liné, ce botaniste suédois (créateur de la classification latine des plantes )…Oui ! Un « miracle de la nature » que ces plantes croqueuses d’insectes à la réputation… sulfureuse…Alors, mesdames, à vos crayons pour un cours très complet …de séduction !
Leçon 1 « L’attirer »
Ce sont de grandes séductrices ! Ce sera la condition sine qua non. Les plantes carnivores se parent de fleurs légères, délicates, presqu’innocentes allant du blanc au pourpré. Les couleurs de leur feuillage sont souvent vives et elles dégagent des odeurs et nectars sucrés...
Certaines même poussent le charme jusqu’à se parer de gouttelettes cristallines donnant l’illusion d’une rosée permanente (pour les insectes assoiffés !) D’autres virent même dans les substances « stupéfiantes »… mais cela bien sûr ne sera perçu que pour certains insectes…
Leçon 2 « Le Capturer »
Pour cela, il faut sortir les grands moyens ! Des feuilles transformées en véritables pièges actifs ou passifs (l’insecte se retrouve alors bloqué par ses mouvements)
Et les artifices sont nombreux :
-Des urnes piégeantes, en forme de mâchoires ou de piège à loup (façon palourde !)
-Des cornets (feuilles enroulées en forme d’entonnoir) aux rebords lisses et cireux, et, dans ce cas, deux styles de cornet, avec ou sans couvercle (explication de l’utilité du couvercle dans la leçon 3)
-Mais aussi des tiges « enroulantes » parées de poils collants (là, pour le coup, c’est moins glamour, mais ça marche !… )
Leçon 3 « le digérer »
Une fois la proie emprisonnée dans « les bras » de cette croqueuse d’insectes, il ne restera plus qu’à passer…à la casserole !
Et pour cela, des sucs digestifs lypolitiques (qui découpent les chairs) très puissants se retrouvent sécrétés dans quasiment toutes ces plantes.
Sur les poils des droséras, sur la surface des feuilles des grassettes, et en quantité au fond des urnes où les insectes se retrouvent piégés ne pouvant faire marche arrière…
Les insectes tombent dans les urnes, où les cornets, pour des bains mortels, ou restent collés sur les feuilles pour une mort lente…
Quelquefois, ce scénario gargantuesque diffère ; en effet, pour certaines plantes carnivores, il existe une symbiose ou la plante capture les insectes, des punaises les mangent, puis les défections des punaises sont assimilées… par la plante !
Pourquoi mangent- elles des insectes ?
C’est une adaptation botanique et morphologique en réponse à un sol pauvre, asphyxiant et délavé (tourbières, marais, roches humides en bordures de rivières), et donc pauvre en azote. Les carnivores se sont retrouvées progressivement il y a longtemps…non, très longtemps...dans ces milieux hostiles…
Alors l’insecte devient une source nutritionnelle secondaire et, en absence d’insecte, votre plante ne mourra pas mais pourrait souffrir de carence !
En quelque sorte, les insectes sont pour ces plantes de parfaits « compléments nutritifs » !
Par cette adaptation, elles sont quasiment les seules à avoir pu conquérir ces paysages marécageux…
Comment ca marche ? Ont-elles un systeme nerveux ?
Bien sûr que non ! Les théories sont multiples et variées…Des phénomènes électriques, osmotiques? Les botanistes et amateurs restent encore flous et divergents…
Une tueuse au parc de la Tête d'Or!
Il y a eu une népenthès tueuse de souris au Parc de la Tête d’Or !!!
3 hypothèses :
-La chute accidentelle de la souris puis la noyade
-L’attirance de la souris pour les insectes contenus en décomposition dans les urnes puis la chute et la noyade…
-L’assoiffement, la souris ayant été attirée par les urnes emplies de liquide !
Vous voyez, je vous avais dit un mythe s'est écroulé!...
Peuvent-elles faire des indigestions?
Oui ! Et il ne faudra par contre apporter ni insecte ni aliment à votre plante, laissons faire la nature ! En cas d’ « indigestion », on peut observer une fermeture du piège, un arrêt des sécrétions sur les poils, un dessèchement du piège, et, parfois, des cornets qui se renversent !!!..(burp !!!)
A savoir que le couvercle observé sur certains cornets sert à éviter une dissolution des sucs digestifs par les eaux de pluie. En revanche, l’absence de couvercle explique souvent un besoin de remplissage des urnes par les eaux de pluie et l’intervention de bactéries au lieu de nos sympathiques enzymes !
Comment cultiver « ces fauves » ?
La meilleure solution, la culture en vérandas, terrariums, bonbonnes… ou sur support « évaporant » (bille d’argile, tapis de mousse végétale humidifiée…), bref, de l’hygrométrie ! Les sarracénies apprécient la fraîcheur et peuvent être cultivées en extérieur même en pleine terre ! (avec protection hivernale)
Les droséras (ou « rossolis »), les dionées et les népenthès sont plus frileuses.
Quoiqu’il en soit, toutes apprécient le grand air, beaucoup de lumière (même le soleil direct, attention cependant en été !), et un hiver au frais et même froid (jusqu’ à -10°/-15° pour les grosses potées ou les plantations en pleine terre, attention aux petits pots, -5° mini !).
Jamais d’engrais !
Respecter la fragilité racinaire lors des rempotages effectués dans de la tourbe fine (60%), de la mousse naturelle broyée (30%), charbon de bois (5%) et sable (5%)
Arrosages avec de l’eau déminéralisée, de l’eau de pluie, quantités en fonction des températures. Attention, éviter les desséchements de la motte !!! En général, la népenthès reste la plus facile, je vous la recommande !
Plantes maléfiques, à la croisée des légendes, histoires botaniques incroyables, spectacles carnassiers, ces plantes ont vraiment une mauvaise image ! Les bergers me diront « la grassette empoisonnent les moutons »… mais elle est utilisée par les scandinaves dans la fabrication d’un fromage pourrais-je leur répondre! La droséra, elle, est utilisée dans la médecine dermatologique contre les verrues, en infusion et possède même des propriétés antibiotiques!
Alors, et si nous soignerions le mal par le mal ?…
Remerciements société Lyon Gaillot Drevon Pour Leurs Superbes Plantes !
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