

Le bouturage…pour des plantes gratuites!
En période de crise « vivent les solutions économiques!»
Deux plantes à partir d’une seule! Oui mesdames! C’est cela le bouturage!
Et c’est ce que l’on appelle scientifiquement «la reproduction non sexuée dite végétative».
Alors, pour faire partager sa passion, faire un cadeau, perpétuer une espèce en voie de disparition, palier à la lenteur des semis ou tout simplement remplir son jardin à peu de frais, voici les trucs de ce «tour de magie végétale».
Comment bouture-t-on?
Le plus courant pour reproduire une plante est de prélever un de ses fragments (tronçons de tige, tête feuillée, racines, feuilles).
Les boutures «de tiges», dans le cas des plantes vertes, se font sur des tiges poussées durant l’année.
Pour ce faire, prélevez une tige ayant au moins 3 «nœuds» (partie sur la tige ou démarre une tige ou une feuille).
Coupez sous un nœud, supprimez le bourgeon terminal (le dernier) et découpez les feuilles en ne laissant qu’un tiers de leur surface mais supprimez totalement les feuilles de la base.
Piquez chaque bouture dans un mélange terreau et sable (léger, sans résistance, poreux et aéré) puis tassez légèrement le substrat autour de la bouture.
Toutes ces boutures seront à placer «à l’étouffée», en serre, ou sur une tablette au dessus d’un radiateur.et bien à la lumière.
Dans ce dernier cas, disposez autour des pots des billes d’argile pour maintenir l’hygrométrie autour des boutures.
Pour parer aux attaques de champignons, saupoudrez légèrement le sol de poudre de charbon de bois.
Pour optimiser les chances de réussite, optimiser chaleur, lumière et humidité mais aussi n’hésitez pas à multipliez le nombre de boutures.
Enfin, vous pouvez tricher en utilisant des hormones d’enracinement disponibles en jardinerie.
Une variante du bouturage, le marcottage, dont l’enracinement se fait directement sur le végétal, sur une tige, une racine ou sous la tête de la plante. On provoque l’enracinement mais le fragment de végétal reste sur la plante…jusqu’au «sevrage».
Comment ça marche une bouture?
Morceaux de tiges, racines, feuilles ou bulbes, on recherche une réplique de la plante originale appelée «plante mère». Mais comment cela est-il possible?
Ce miracle s’explique par le prodigieux pouvoir de régénération des végétaux et la faculté des jeunes tissus de la plante à produire tous les organes qui leur manquent pour former une plante à par entière!
Quand bouturer?
Du printemps à l’automne pour les plantes «herbacées», qui ne font pas de bois (les vivaces, les plantes vertes, cactus…)
A partir de juillet août pour les arbres et arbustes sur des tiges «aoûtées», qui ont «durci» et se sont couvertes de bois.
Quelques exemples de boutures faciles!
Le chlorophytum et ses «tentacules» faits de longues tiges sur lesquelles apparaissent fleurs et mini plantes avec racines naissantes; faîtes-les raciner dans de petits pots avant de couper le cordon ombilical!
Le papyrus, la tête dans l’eau ou dans un mélange léger de tourbe maintenue très humide!
Les broméliacées, plantes de la famille de l’ananas, qui font un rejet avant de mourir, une sorte de «plante siamoise», qui se développe à la base de la plante. La plante mère disparaît et le petit se développe.
Le bégonia, dont il suffira de poser une feuille bien nervurée à plat, et fixée sur le substrat, et d’inciser quelques nervures (apparition de mini plantes sous 20 jours)
Les cactus, avec leur grande capacité de rétention d’eau, qui en font les plantes les plus faciles à bouturer! Coupez un fragment (tête ou «raquette»), laissez-le sécher 24 heures et plantez-le dans un mélange sableux.
Les orchidées et leur «pseudo bulbes» qui ne sont plus florifères ; les placez dans un sac plastique contenant de la sphaigne, et, dès l’apparition de nouvelles pousses, rempoter l’ensemble dans un mélange orchidée.
La sansevière, avec ses feuilles en forme de dagues, qu’il suffira de découper dans la largeur en plusieurs fragments et les mettre en terre verticalement; possibilité aussi de diviser la plante en plusieurs plantes!
L’asparagus, une division de la touffe par découpe à l’aide d’un outil très tranchant fera bien l’affaire!
Et le saintpaulia, dont on plantera simplement la feuille dans le mélange terreux adapté.
Et pour votre palmier?... Pas de solution! Les palmiers ne se bouturent pas et seul le semis est la méthode de reproduction possible avec des résultats souvent aléatoires… d’où leur prix…
Et la bouture dans un verre d’eau?
Cette sacrée «bouture de grand-mère»!
Prélevez un fragment de végétal (généralement une tige) que vous mettrez simplement les pieds dans l’eau!
Succès quasi garanti… pour l’enracinement…
Mais le problème se pose lors du transfert de la bouture du milieu «aquatique» vers le milieu «terrestre» de votre pot! Et la… c’est souvent la déception!
Explication: les racines qui se sont développées se sont «fabriquées» pour le milieu aquatique, elles sont souvent blanchâtres et ont la faculté de pouvoir absorber l’oxygène de l’eau. Leur structure ne convient pas pour le milieu terrestre!
Ludique… mais pas très efficace!
Cette méthode est cependant incontournable si la plante est prévue pour une vie aquatique! (nénuphar, papyrus…)
Nous achetons des boutures géantes!
Oui! Yucca, dracaena sont en fait de jeunes boutures!
Leurs troncs sont importés du brésil puis sectionnés en différentes hauteurs en fonction de la plante souhaitée (un, deux ou trois pieds). Ils sont ensuite mis à l’étouffée, dans des serres, et sont mis à la vente dès que des feuilles apparaissent. Prudence, ils sont encore fragiles nos petits yuccas!
Les bambous «porte bonheur» sont aussi de simples tronçons de tiges mis à l’eau!
Sachez qu’ils ne sont en aucun cas des plantes aquatiques et préfèrent une culture terrestre!
Et les plantes éprouvette?
La «culture in vitro» est une sorte de «micro bouturage».
Son gros avantage est son coefficient multiplicateur.
Avec quelques cellules de plantes bien choisies, les producteurs obtiennent des milliers de nouvelles plantes!
Cette technique permet la multiplication des plantes vertes, bien sur, mais aussi des essences forestières et a permis la démocratisation de l’orchidée!
Alors, comme pour tout, soyez persévérant et ce sera l expérience qui primera!
Avec le bouturage, le jardinier se sent l’âme du «créateur»
Créez des clones et des plantes à l’infini!
Bien au delà de tout discours politique, voila une vraie solution pour le pouvoir d’achat!
Bibliographie
Pour compléter votre information, je vous recommande la lecture chez rustica de :
« L’ABC de la bouture » et « Multipliez toutes plantes du jardin »
Pour cette chronique, Franck présente les fleurs, plantes et accessoires de décoration des boutiques In Rosa :
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